mercredi 29 juin 2011

POSTURE D'EVEIL



L'aube. Aube des consciences et du corps. Silhouettes sombres, immobiles, assises droites sur leurs coussins ronds, jambes croisées, genoux au sol, nuques droites, yeux mi-clos, souffle lent et profond.


Calme, calme. Silence.

Troublé parfois - mais peut-on dire qu'un chant d'oiseau trouble le silence - par la voix rauque du maitre qui commente lentement, des textes sacrés archaiques, pénétrés d'une sagesse aussi vieille que l'univers.


Dans le corps, tensions, chaleurs, ondes diffuses et rayonnantes qui vont et viennent de centres en centres, éveillant organes et chakras : énergies subtiles dont on prend conscience... Est-ce cela la vraie conscience, cette façon de penser du tréfonds de la non-pensée? L'être devient alors son propre miroir, laissant alterner fantasme et réalité nue, intuitions fulgurantes et vide intérieur qui se répand en soi comme une mer d'ondes calmes.


Où est le soi, où est l'illusion? Les phénomènes et leur essence se mêlent alors dans cette posture de Bouddha qui trace une boucle entre le défini et l'infini.


Ici, dans le dojo, on est ensemble. Et seul, tout à la fois. Mais le dojo, ce lieu où se pratique la Voie, celle qui est sous vos pieds, celle qui apparait et disparait d'instant en instant, celle qui s'attache à notre souffle, à notre vie, le dojo peut se retrouver partout, là où un être humain veut s'arrêter un temps, s'asseoir sans rien faire, devenant ainsi centre du cosmos : dans cette posture-là, la vie quotidienne prend son sens car, au sein de l'action, la méditation, la magnifie. Et l'enracine.


Connais-toi toi-même, et tu connaitras l'univers, dit l'adage tant de fois repris à travers les siècles : ici et maintenant, en za-zen, le voilà réalisé.




Marc de SMEDT.

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